Mairie du XIIIème à Paris

Livraison Tranche Ferme décembre 2011 – Tranche Conditionnelle mai 2012
Lieu : 1 place d’Italie, Paris 13ème (75)
Maître d’ouvrage : Ville de Paris / AMO : SLA13
Surface SHON : 960 m² répartis sur 11 zones
Montant des travaux : 2 353 000 € HT
Partenaires : GEC Ingénierie (BET TCE) + Atelier Philippe Bretelle (graphiste)

d'info

Multi-zones, multi-phases, multi-programmes, accessibilité étendue et site occupé, le projet de la Mairie du XIIIème à Paris convoque toute la complexité redoutée.
Bien que la restructuration de la mairie soit partielle – tous les services ne sont pas concernés – le projet architectural s’insère de manière à créer une lisibilité et une compréhension d’ensemble.
La signalétique d’ensemble de la mairie – qui fait partie intégrante de notre projet – est répandue comme les cailloux du petit poucet pour lier toutes les zones d’interventions et l’existant.
Avec des moyens simples, sans excès techniques, ou préciosité déplacée, le projet apporte par une somme d’intervention une nouvelle vie à la mairie.

Restructuration du service des affaires générales, école, enfance et antenne logement :

C’est la zone d’intervention la plus étendue.
Cette zone résulte de l’assemblage de trois parties originales distinctes :
– Une ancienne galerie sur cour,
– Une aile sur rue (Avenue des Gobelins),
– Une ancienne courette triangulaire intérieure fermée par créations de planchers.

Dans son état initial – c’est à dire au démarrage du projet – les différentes parties et services restent bien séparées par la persistance des anciens murs de façades en pierre (60 cm d’épaisseurs) et leurs fenêtres.
Pour y accéder, plusieurs portes et un cheminement labyrinthique. L’ensemble étouffe sous un faux plafond tramé abaissé.

Le projet modifie l’entrée de la zone, pour la placer au plus près du débouché des circulations verticales, accentuant la disposition en patte d’oie avec accès aux services par la pointe du triangle.
Après l’entrée, tous les services sont déployés en éventail, liés et articulés par un réseau de lignes en bois massif (frêne) s’incurvant sur les plans horizontaux et habillant les murs à claire voie.
Ce grand meuble en bois continu lie tous les éléments du programme et délimite la surface d’accueil.
Réalisé en frêne massif non vernis et non traité, l’espacement des lames de bois accentue l’expression de la ligne et réduit le volume de bois utilisé. Les surfaces « de contact » sont recouvertes ponctuellement de « nappes » en corian, insérées dans le plan du bois, de formes libres. Chaque point d’accueil est séparé du suivant par un intercalaire en verre, maintenu par de simples tôles d’acier pliées formant des serre-livres.

Des meubles fonctionnels (placards, étagères, etc.) s’insèrent dans la masse de pierre existante ou dans la ligne de bois. Ils sont d’un bleu ciel clair d’horizon. Une couleur qu’on retrouvera discrètement dans la signalétique.

Tous les faux plafonds ont été supprimés pour retrouver le plénum original.
Des plafonds suspendus localement font écho au grand meuble de bois, et tous les réseaux techniques existants (et ils sont nombreux à avoir investi l’ancien faux plafond) ont été réarrangés et organisés au plafond, visible et accessible, assumés.

Le mobilier d’attente a été conçu en correspondance.

Une attention particulière a été accordée au plan d’implantation des espaces de travail, pour permettre à chacun des agents de disposer de son propre bureau.

Galeries d’expositions :

Les galeries au 2ème étage réalisent la liaison entre la grande salle des fêtes et le corps original de la mairie avec la salle des mariages. Ces galeries accueillent toute l’année des expositions ; des œuvres de toutes factures, (peintures, sculptures, photographies) d’artistes ou de « peintres du dimanche » , des travaux d’associations ou d’ateliers scolaires, des scénographies de présentation de grands projets parisiens… Une grande diversité qu’il faut accueillir sans moyens et libre d’investir les lieux.

Le projet – outre un grand « coup de blanc » et une rénovation des vitraux – comprend principalement la mise en place de grands paravents mobiles attachés sur un pan – permettant de partitionner la séquence des galeries ou pouvant être plaqués contre les murs caissonnés pour offrir une surface lisse.

Les grands luminaires suspendus en laiton ont été déposés au profit d’un écheveau de tiges lumineuses offrant un éclairage homogène adapté à toutes les configurations (quelque soit la disposition des paravents).
Une anamorphose – réalisée par contraste brillant / mat – a été réalisée dans chaque galerie pour en altérer la linéarité et suggérer un temps d’arrêt.
… à voir sur site, c’est ouvert au public  et c’est au 2ème étage – il y a deux galeries et deux anamorphoses !

L’antichambre de la salle des fêtes a été repensée pour accueillir des réunions publiques en plus des expositions.

La galerie Est a été équipée d’un bar/buvette pour accompagner les événements de la salle des fêtes et des galeries. L’égouttoir en corian a été usiné à partir du dessin d’une aile de libellule.

Abri vélos :

C’est un grand ressort de section carrée en inox sur lequel peuvent se fixer les vélos et scooters.
La couverture vitrée passe dessus-dessous, comme un tissage, pour en accentuer la spirale génératrice.

Signalétique :

Elle est démultipliée et redondante car une mairie est autant un lieu de passages que d’errements.
Encore une fois, un principe systématique simple et « low tech » est mis en œuvre.
Des tôles d’acier enveloppent les poteaux, pilastres, encadrements et tableaux de portes ou de baies.
Une seule couleur – un rouge bordeaux intense – support du travail graphique du texte.
Quelques signes en nombre limité : une flèche en patte d’oie, un A et un B déformés, quelques pictogrammes usuels – une composition de lettres colorées aux nuances adoucies.
La composition graphique des lettrages a été mise au point par Philippe Bretelle.

Galeries d’entrées :
Les deux galeries principales à RdC, accessibles depuis le Hall d’entrée ont été transformées.
Il s’agissait auparavant de couloirs éclairés par des néons maladifs, aux murs peinture gouttelette et portes « clarits » vieillissantes contrastant avec la solennité de la pierre omniprésente du Hall.
Aujourd’hui, une fausse voûte – faite d’un absorbant acoustique – rythmée par des lignes lumineuses rétablit l’équilibre « patrimonial » de la séquence d’entrée. Nouvelles portes – aux normes – et encadrements apparents complètent l’ensemble.

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